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Matthew Herbert met les pieds dans le plat

Matthew Herbert, Qwartz d’Honneur 2011, entame sa tournée internationale pour présenter sa dernière oeuvre: One Pig. Oeuvre qui crée une polémique au sein des associations pour la défense des animaux. Il a débuté dans le prestigieux London’s Royal Opera House, le 2 septembre dernier et continuera au Japon, au Pays-Bas et en Italie.

Photo de Socrates Mitsios

One Pig est le troisième volet de la trilogie One. Après One One et One Club, One Pig présente tous les aspects de la vie d’un cochon, de sa naissance à sa mort. De sa découpe et de son désossage à sa consommation. Une oeuvre qu’il considère comme un aperçu, une vision de l’omniprésence de cet animal le plus proche de l’homme, mal aimé qui incarne à la fois la richesse et de l’exploitation totale. “L’épisode de la mort était une étape cruciale dans l’histoire. C’était celle que je redoutais le plus, mais c’était aussi celle que je trouvais la plus pertinente pour ma compréhension” dit-il.

L’interview de Matthew Herbert par Intruders TV au Trianon, partenaire des Qwartz.

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Retrouver la vidéo de son discours aux Qwartz 8 en avril 2011 au Trianon. En compagnie d’alva noto, le Président d’Honneur, matali crasset, la Présidente du Jury et Eric da Costa en personnage ténébreux de Philippe Druillet.

Interview de l’artiste par Genica Baczynski pour Qwartz

À quoi correspond chez vous cette tendance à tout faire vous-même ? Vous sentez-vous proche de Robinson Crusoé ?

Les collaborations et l’idée de coopération sont indispensables. Aujourd’hui pourtant il faut apporter à l’art une nouvelle perspective et ainsi provoquer l’émergence d’espaces inédits où l’auditeur reconsidère son environnement. Au 20e siècle, le modèle de distribution, en ce qui concerne la musique, et les caractéristiques du travail ont été définis par les entreprises. Elles se sont attachées au profit, à la facilité, aux formes sans cesse répétées. Je n’ai pas eu d’autre choix que de tout créer et de tout gérer par moi-même. Pour l’instant, je n’entraîne pas tout le monde sur cette voie. Il me semble important que l’aspect politique de ma musique se retrouve dans son mode de fabrication.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

La musique n’exerce plus le même attrait sur moi. La question qui se pose est : en avons-nous encore besoin ? Les musiciens m’apparaissent comme les bouffons d’une cour toujours persistante. À part John Cage, mes influences ne se situent pas dans la sphère artistique et elles s’inspirent de personnalités que j’admire comme Noam Chomsky, James Lovelock ou encore Shiva, et de personnes que je méprise comme Sarah Palin, la dynastie Bush, Tony Blair ou bien le gouvernement israélien. Aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de différencier les genres ou les mouvements artistiques, de plus en plus difficile d’être bouleversé. Ainsi quand les journaux nous dévoilent les crimes de Kadhafi envers son peuple, nous sommes choqués et cette partition journalistique devient alors plus fascinante que n’importe quelle couverture de NME nous enjoignant d’écouter un nouveau groupe.

Vous sentez-vous un artiste engagé et recherchez-vous la subversion ?

J’ai conscience d’être privilégié. Je bois de l’eau potable, j’ai accès à des soins médicaux, je vote, et je mange des bons aliments. On me paye le plus souvent mes déplacements et je peux passer des journées à rêver à de nouvelles créations sonores. Je m’interroge sur ma condition, elle n’est pas un acquis. Et comment ne pas se questionner sur un système où mes besoins sont prioritaires à ceux des autres. La période actuelle est chaotique. Le système capitaliste et son marché dit de libre échange – qui en définitive nie la liberté – accroissent la violence et la cupidité. Il a développé un modèle d’existence insupportable dont on n’échappe qu’en résistant. La subversion en fait partie. Trop souvent, nous assistons à une complaisance et une apathie aussi dangereuse qu’un mercenaire américain.

Björk sort le premier « album app »

Les Qwartz, Prix Internationaux des Musiques Nouvelles n’attribuent pas des Prix d’Honneur pour la notoriété des personnes choisies, mais pour leur créativité et ce qu’elles ont apporté ou apportent encore au monde des arts.

Björk Gudmundsdöttir, Qwartz d’Honneur, a lancé fin septembre 2011 le premier album app, un album application pour les terminaux mobiles d’Apple.

Biophilia

Biophilia de Björk: le 7 mars 2013 rencontre-débat autour des outils numériques organisé par l’IRCAM.

Avec la participation de:

Curver Thoroddsen (directeur du programme éducatif Biophilia, Reykjavik),
Andrew Gerzso (directeur du département pédagogie et action culturelle de l’Ircam),
Arshia Cont (directeur du département interfaces recherche/création à l’Ircam)

Capture d’écran de l’application

Biophilia est le nom de cette nouvelle création de l’artiste. L’application éponyme est déjà disponible gratuitement sur l’Apple Store.  Et chaque titre sera vendu 1,59€.

Configuration requise : Compatible avec l’iPhone 3GS, l’iPhone 4, l’ iPod touch (3e génération), l’iPod touch (4e génération) et l’iPad. Nécessite iOS 4.1 ou une version ultérieure.

Matthew Herbert, Qwartz d’Honneur 2011, est co-producteur sur 2 titres de Biophilia.

Björk, innove et crée une rupture avec le CD, qu’elle déclare ne plus vouloir utiliser pour vendre sa musique. Elle a des moyens, certes, car ce sont 200 000 USD qui ont été investis dans les développements techniques et artistiques de cette oeuvre. Des éditions digipack très limitées sont néanmoins produites.

Cet album app, composé de dix in-apps ouvre la voix d’une nouvelle catégorie de Qwartz. Il y a six années déjà, le label japonais minusN-net label avait inventé la pochette de disque animée par des mini court-métrages en flash de 30 secondes.

Avec Biophilia, Björk a fait de la R&D avec une équipe de scientifiques, de spécialistes de la lutherie électronique, d’artistes et de développeurs.

C’est l’ouvrage Musicophilia: La musique, le cerveau et nous d’Oliver Sacks qui a le plus influencé le travail de Björk. Même si elle emprunte le nom de son album au philosophe et psychologue allemand Erich Seligmann Fromm.

Elle a fait appel à M/M, Luc Barthelet, Touch Press, Scott Sona Snibbe, Max Weisel, TBC et Drew Berry pour réaliser cette oeuvre numérique.

Max Weisel est le développeur de l’app Soundrop. Une application intéressante dans son principe. Mais son fonctionnement est limité et assez approximative même en version pro.

Scott Sona Snibbe a, quant à lui, produit l’app Gravilux, en hommage à la machine luminocinétique Clavilux de Thomas Wilffred. Scott propose aussi l’app Bubble harp, une oeuvre d’art interactive pensée comme une musique visuelle.

Il n’est pas étonnant que Björk se dirige vers une interprétation scientifique de la musique.

L’ album app est-il un nouveau souffle pour l’industrie musicale? Bien que ce soit aussi une manière de limiter la copie illégale, dixit Björk, c’est un format qui présente l’intérêt de proposer un ensemble de médias. Une oeuvre global media en quelque sorte.

Notons aussi que le doctorant Andy Cavatorta, du Massachusetts Institute of Technology, a été sollicité par Björk pour produire et assujettir à son iPAD un certain nombre d’exemplaires de l’étonnante Gravity Harp pour jouer sur le titre Solstice.

Il serait très intéressant que Björk se penche aussi sur les travaux des chercheurs Mohammad Majid al-Rifaie et Ahmed Aber pour ses prochaines in-apps.

Matthew Herbert aux Qwartz sur Intruders TV

Matthew Herbert a reçu le Qwartz d’Honneur le 1er avril 2011 au Trianon à Paris.  Il répond aux questions de Jules Hallam, présentateur dynamique de Intruders TV.

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Entretien avec Matthew Herbert par Genica Baczynski pour Qwartz

À quoi travaillez-vous actuellement ? J’ai terminé la musique du film « participatif »Life in a day de Kevin MacDonald, produit par Ridley Scott. Je réalise le nouvel album du groupe Merz. En parallèle, j’écris un scénario pour un film et j’assemble les enregistrements effectués à partir de la vie d’un cochon. A côté de ces projets, je redonne de l’élan à d’autres envies plus anciennes comme The New Country ou encore le musée du son.

À quoi correspond chez vous cette tendance à tout faire vous-même ? Vous sentez-vous proche de Robinson Crusoé ? Les collaborations et l’idée de coopération sont indispensables. Aujourd’hui pourtant il faut apporter à l’art une nouvelle perspective et ainsi provoquer l’émergence d’espaces inédits où l’auditeur reconsidère son environnement. Au 20e siècle, le modèle de distribution, en ce qui concerne la musique, et les caractéristiques du travail ont été définis par les entreprises. Elles se sont attachées au profit, à la facilité, aux formes sans cesse répétées. Je n’ai pas eu d’autre choix que de tout créer et de tout gérer par moi-même. Pour l’instant, je n’entraîne pas tout le monde sur cette voie. Il me semble important que l’aspect politique de ma musique se retrouve dans son mode de fabrication.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? La musique n’exerce plus le même attrait sur moi. La question qui se pose est : en avons-nous encore besoin ? Les musiciens m’apparaissent comme les bouffons d’une cour toujours persistante. À part John Cage, mes influences ne se situent pas dans la sphère artistique et elles s’inspirent de personnalités que j’admire comme Noam Chomsky, James Lovelock ou encore Shiva, et de personnes que je méprise comme Sarah Palin, la dynastie Bush, Tony Blair ou bien le gouvernement israélien.Aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de différencier les genres ou les mouvements artistiques, de plus en plus difficile d’être bouleversé. Ainsi quand les journaux nous dévoilent les crimes de Kadhafi envers son peuple, nous sommes choqués et cette partition journalistique devient alors plus fascinante que n’importe quelle couverture de NME nous enjoignant d’écouter un nouveau groupe.

Vous sentez-vous un artiste engagé et recherchez-vous la subversion ? J’ai conscience d’être privilégié. Je bois de l’eau potable, j’ai accès à des soins médicaux, je vote, et je mange des bons aliments. On me paye le plus souvent mes déplacements et je peux passer des journées à rêver à de nouvelles créations sonores. Je m’interroge sur ma condition, elle n’est pas un acquis. Et comment ne pas se questionner sur un système où mes besoins sont prioritaires à ceux des autres. La période actuelle est chaotique. Le système capitaliste et son marché dit de libre échange – qui en définitive nie la liberté – accroissent la violence et la cupidité. Il a développé un modèle d’existence insupportable dont on n’échappe qu’en résistant. La subversion en fait partie. Trop souvent, nous assistons à une complaisance et une apathie aussi dangereuse qu’un mercenaire américain.

Voici le teaser du film Life in a day

Lauréats des Qwartz 7

15  Qwartz ont été décernés au Trianon à Paris le 1er avril 2011

alva noto, matthew herbert, matali crasset - Photo J.Lombardi

Président d’Honneur: alva noto

Présidente du Jury: matali crasset

Président du Jury des Arts Nouveaux MédiasPierre Cornette de Saint Cyr

Qwartz d’Honneur: Matthew Herbert
Qwartz Pierre Schaeffer: Eliane Radigue

Qwartz Max Mathews: Harpe MIDI Camac
Qwartz Special: Christine Groult pour KM Pantin

Qwartz Album – Doll Divider d’ Olivia Louvel [France] – Optical Sound [France]
Téléchargement libre de Doll Maker

Qwartz Découverte – Peste de Sturqen [Portugal] – Kvitnu [Ukraine]

Qwartz Artiste – Sturqen [Portugal]

Qwartz Compilation – A Man & A Machine 2 – Le Son du Maquis [France]

Qwartz Titre – Fine Mouche de Khan (feat. Brigitte Fontaine) [Allemagne] in I’m a single – I’m a single records [Allemagne]

Qwartz Dancefloor – The Beat of the Heart de Daniel Meteo [Allemagne] in Working Class – Shitkatapult [Allemagne]

Qwartz Expérimentation – Antichamber de Yannis Kyriakides [Chypre] – Unsounds [Pays-Bas]

Qwartz Arts Nouveaux Médias – Dust de Herman Kolgen [Canada]

Mention Spéciale du Jury Arts Nouveaux Médias – Desherence d’ Antivj

Qwartz Label– Kvitnu [Ukraine]

Qwartz Artwork/Packaging– Loafnest (Andrew Lange + Michael S. Carlson) pour Fever Dream de MAP – Taïga Records [Etats Unis]

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