Archives Mensuelles: septembre 2011

Bérangère Maximin et Chuck Bettis forment le duo PRETTY CLICKS

Bérangère Maximin, ancienne assistante du grand Denis Dufour, est essentiellement compositeur de musique électroacoustique.  Son talent est certain. Elle fait partie des jeunes compositeurs français qui comptent, comme Franck Vigroux, Pierre-Yves Macé, Lionel Marchetti et quelques autres dont nous parlerons aussi. Bérangère s’est associée avec un rebelle, Chuck Bettis, basé à New York, un habitué du Stone, le club de John Zorn au coin de l’ avenue C et de  2e rue. Et pour cause, comme Bérangère il sort des disques sur Tzadik Records, le renommé et trop méconnu label du directeur du Stone,  un proche de Lou Reed et de Laurie Anderson. Chuck joue de la « gorge » et le dernier album du bizarre trio Browing Wing Overdrive intitulé  ESP Organism, auquel il participe, est décrit comme un disque qui vous laisse à l’orée de la folie entre chaque son effrayant.

Alors ce duo inattendu:  Bérangère & Chuck porte à merveille le nom de Pretty Clicks.

et leur interview

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Matthew Herbert met les pieds dans le plat

Matthew Herbert, Qwartz d’Honneur 2011, entame sa tournée internationale pour présenter sa dernière oeuvre: One Pig. Oeuvre qui crée une polémique au sein des associations pour la défense des animaux. Il a débuté dans le prestigieux London’s Royal Opera House, le 2 septembre dernier et continuera au Japon, au Pays-Bas et en Italie.

Photo de Socrates Mitsios

One Pig est le troisième volet de la trilogie One. Après One One et One Club, One Pig présente tous les aspects de la vie d’un cochon, de sa naissance à sa mort. De sa découpe et de son désossage à sa consommation. Une oeuvre qu’il considère comme un aperçu, une vision de l’omniprésence de cet animal le plus proche de l’homme, mal aimé qui incarne à la fois la richesse et de l’exploitation totale. “L’épisode de la mort était une étape cruciale dans l’histoire. C’était celle que je redoutais le plus, mais c’était aussi celle que je trouvais la plus pertinente pour ma compréhension” dit-il.

L’interview de Matthew Herbert par Intruders TV au Trianon, partenaire des Qwartz.

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Retrouver la vidéo de son discours aux Qwartz 8 en avril 2011 au Trianon. En compagnie d’alva noto, le Président d’Honneur, matali crasset, la Présidente du Jury et Eric da Costa en personnage ténébreux de Philippe Druillet.

Interview de l’artiste par Genica Baczynski pour Qwartz

À quoi correspond chez vous cette tendance à tout faire vous-même ? Vous sentez-vous proche de Robinson Crusoé ?

Les collaborations et l’idée de coopération sont indispensables. Aujourd’hui pourtant il faut apporter à l’art une nouvelle perspective et ainsi provoquer l’émergence d’espaces inédits où l’auditeur reconsidère son environnement. Au 20e siècle, le modèle de distribution, en ce qui concerne la musique, et les caractéristiques du travail ont été définis par les entreprises. Elles se sont attachées au profit, à la facilité, aux formes sans cesse répétées. Je n’ai pas eu d’autre choix que de tout créer et de tout gérer par moi-même. Pour l’instant, je n’entraîne pas tout le monde sur cette voie. Il me semble important que l’aspect politique de ma musique se retrouve dans son mode de fabrication.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

La musique n’exerce plus le même attrait sur moi. La question qui se pose est : en avons-nous encore besoin ? Les musiciens m’apparaissent comme les bouffons d’une cour toujours persistante. À part John Cage, mes influences ne se situent pas dans la sphère artistique et elles s’inspirent de personnalités que j’admire comme Noam Chomsky, James Lovelock ou encore Shiva, et de personnes que je méprise comme Sarah Palin, la dynastie Bush, Tony Blair ou bien le gouvernement israélien. Aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de différencier les genres ou les mouvements artistiques, de plus en plus difficile d’être bouleversé. Ainsi quand les journaux nous dévoilent les crimes de Kadhafi envers son peuple, nous sommes choqués et cette partition journalistique devient alors plus fascinante que n’importe quelle couverture de NME nous enjoignant d’écouter un nouveau groupe.

Vous sentez-vous un artiste engagé et recherchez-vous la subversion ?

J’ai conscience d’être privilégié. Je bois de l’eau potable, j’ai accès à des soins médicaux, je vote, et je mange des bons aliments. On me paye le plus souvent mes déplacements et je peux passer des journées à rêver à de nouvelles créations sonores. Je m’interroge sur ma condition, elle n’est pas un acquis. Et comment ne pas se questionner sur un système où mes besoins sont prioritaires à ceux des autres. La période actuelle est chaotique. Le système capitaliste et son marché dit de libre échange – qui en définitive nie la liberté – accroissent la violence et la cupidité. Il a développé un modèle d’existence insupportable dont on n’échappe qu’en résistant. La subversion en fait partie. Trop souvent, nous assistons à une complaisance et une apathie aussi dangereuse qu’un mercenaire américain.

David Jisse – Qwartz TV

David Jisse est le Directeur du Centre National de Création Musicale à Alfortville La Muse en Circuit, fondateur du Label Alamuse et homme de radio.

David Jisse a participé à plusieurs tables rondes  que les Qwartz ont organisées:

1- La table ronde intitulée « L’héritage de Pierre Schaeffer » (40′) est présentée par David Jisse et accueille Jean-François Denis, fondateur du label québécois empreintes DIGITALes, Christian Zanési, directeur adjoint du Groupe de Recherche Musicale et le brésilien Otavio Henrique Soares Brandao, pianiste, compositeur et professeur.

2-La table ronde intitulée « La musique: et Pavlov dans tout ça? »  accueillait David Jisse, François Nicolas, Anthony Pecqueux et Christophe Rosenberg.

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