Archives Mensuelles: août 2011

Ake Parmerud. Le Thor de l’électroacoustique.

Ake Parmerud, de Göteborg en Suède, est un homme discret bien qu’extravagant. On pourrait dire qu’il est le Nigel Kennedy des musiques électroniques sérieuses, mais avant tout il est compositeur et d’importance. Commissionné par la majeure partie des pays sensibles aux musiques nouvelles pour créer et diffuser des oeuvres contemporaines ou électroacoustiques, Ake Parmerud excelle. Ses oeuvres, de musique classique pour les suédois qui mettent Bach, Boulez et Pierre Henry dans le même casier, sont complexes et méritent un public bien plus important qu’à ce jour. Il est le compositeur de musique électroacoustique le plus de primé au monde et membre de l’Académie Royale de Musique de Suède.

Méconnu et reconnu, Parmerud ne laisse jamais indifférent. Depuis peu il expérimente des compositions dancefloor. Le résultat est étonnant, singulier et d’une violente modernité.

Parmerud a sorti, entre autres, un album: Jeu d’ombres (empreintes DIGITALes, IMED 0367, 2003) sur le label référence de Jean-François Denis.

Il diffusera sa pièce « Necropolis-City of the Dead » (création, commande GRM) dans le cadre de Multiphonies le 23 septembre à l’auditorium Saint Germain à Paris. Une production de l’INA Grm.

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Björk sort le premier « album app »

Les Qwartz, Prix Internationaux des Musiques Nouvelles n’attribuent pas des Prix d’Honneur pour la notoriété des personnes choisies, mais pour leur créativité et ce qu’elles ont apporté ou apportent encore au monde des arts.

Björk Gudmundsdöttir, Qwartz d’Honneur, a lancé fin septembre 2011 le premier album app, un album application pour les terminaux mobiles d’Apple.

Biophilia

Biophilia de Björk: le 7 mars 2013 rencontre-débat autour des outils numériques organisé par l’IRCAM.

Avec la participation de:

Curver Thoroddsen (directeur du programme éducatif Biophilia, Reykjavik),
Andrew Gerzso (directeur du département pédagogie et action culturelle de l’Ircam),
Arshia Cont (directeur du département interfaces recherche/création à l’Ircam)

Capture d’écran de l’application

Biophilia est le nom de cette nouvelle création de l’artiste. L’application éponyme est déjà disponible gratuitement sur l’Apple Store.  Et chaque titre sera vendu 1,59€.

Configuration requise : Compatible avec l’iPhone 3GS, l’iPhone 4, l’ iPod touch (3e génération), l’iPod touch (4e génération) et l’iPad. Nécessite iOS 4.1 ou une version ultérieure.

Matthew Herbert, Qwartz d’Honneur 2011, est co-producteur sur 2 titres de Biophilia.

Björk, innove et crée une rupture avec le CD, qu’elle déclare ne plus vouloir utiliser pour vendre sa musique. Elle a des moyens, certes, car ce sont 200 000 USD qui ont été investis dans les développements techniques et artistiques de cette oeuvre. Des éditions digipack très limitées sont néanmoins produites.

Cet album app, composé de dix in-apps ouvre la voix d’une nouvelle catégorie de Qwartz. Il y a six années déjà, le label japonais minusN-net label avait inventé la pochette de disque animée par des mini court-métrages en flash de 30 secondes.

Avec Biophilia, Björk a fait de la R&D avec une équipe de scientifiques, de spécialistes de la lutherie électronique, d’artistes et de développeurs.

C’est l’ouvrage Musicophilia: La musique, le cerveau et nous d’Oliver Sacks qui a le plus influencé le travail de Björk. Même si elle emprunte le nom de son album au philosophe et psychologue allemand Erich Seligmann Fromm.

Elle a fait appel à M/M, Luc Barthelet, Touch Press, Scott Sona Snibbe, Max Weisel, TBC et Drew Berry pour réaliser cette oeuvre numérique.

Max Weisel est le développeur de l’app Soundrop. Une application intéressante dans son principe. Mais son fonctionnement est limité et assez approximative même en version pro.

Scott Sona Snibbe a, quant à lui, produit l’app Gravilux, en hommage à la machine luminocinétique Clavilux de Thomas Wilffred. Scott propose aussi l’app Bubble harp, une oeuvre d’art interactive pensée comme une musique visuelle.

Il n’est pas étonnant que Björk se dirige vers une interprétation scientifique de la musique.

L’ album app est-il un nouveau souffle pour l’industrie musicale? Bien que ce soit aussi une manière de limiter la copie illégale, dixit Björk, c’est un format qui présente l’intérêt de proposer un ensemble de médias. Une oeuvre global media en quelque sorte.

Notons aussi que le doctorant Andy Cavatorta, du Massachusetts Institute of Technology, a été sollicité par Björk pour produire et assujettir à son iPAD un certain nombre d’exemplaires de l’étonnante Gravity Harp pour jouer sur le titre Solstice.

Il serait très intéressant que Björk se penche aussi sur les travaux des chercheurs Mohammad Majid al-Rifaie et Ahmed Aber pour ses prochaines in-apps.

Elisabeth Valletti on stage @ Qwartz – le Trianon

Elisabeth Valletti est de formation classique. En 1996, Valletti est signée par Chris Blackwell et son album solo  « Innocenti » est sorti chez Universal-Londres. Depuis quelques années Valletti travaille régulièrement avec des artistes que nous apprécions tout particulièrement: Paul Kendall, Black Sifichi, Norscq…

Depuis des années, Valletti multiplie les expérimentations. Aux Qwartz, elle nous a présenté des compositions contemporaines pour harpe midi Camac.

Production : Qwartz
Réalisation : Sébastien Auger [Kuryakin]
Chef Opérateur : Romain Prouveur
Montage : Erika Traverse
Cadreurs :Alix Lepienne, Prune Saunier-Dardant, Pierre Teulières,
Fanny Vandecandelaere

Retrouvez qwartzView V.2, le revue des revues musicales,  sans concession, mensuelle, gratuite et téléchargeable en PDF.

Pierre Henry, 7 soirées de création à l’Eglise Saint Eustache – Paris

Pierre Henry, Le Président du Comité d’Honneur des Qwartz, , a donné sept concerts à l’ Eglise Saint Eustache à Paris dans le cadre du festival Paris Quartier d’ Eté.

Le final de ce lundi 1er août fut exceptionnel. Les pièces diffusées par Pierre Henry résonnaient magistralement dans cette belle église. Ce sont les Pères Oratoriens, membres de la société de vie apostolique l’Oratoire Français, qui ont autorisé cette série de concerts de Pierre Henry au sein de la paroisse catholique. Le concert a débuté par une voix qui répandait 666 (une oeuvre d’après l’Apocalypse de Jean), le chiffre de  la bête concrète, dans les dizaines d’enceintes disséminées dans la Nef. Pierre Henry, dos au Choeur a fait face au célèbre orgue de l’église. Celui qui chantait lors de la messe donnée à Pierre Schaeffer.

Tout un symbole.

Son interprétation de L’Art de la Fugue y eut une profonde sonorité.

« L’Art de la fugue de Jean-Sébastien Bach est une oeuvre captivante par son ingéniosité et sa science harmonique. Rien n’est oublié, toutes les formes de contrepoint jouent en virtuose. Les canons de Bach amplifient un motif unique, thème que j’ai retenu, entendu, rêvé, martelé à satiété. Ma part de musicien est d’en réaliser une sorte de Concert de timbres, destiné à un environnement réverbérant tel que l’église Saint-Eustache.

Un rêve de fugues entrecroisées qui s’accordent les unes aux autres comme dans un même voyage. Un voyage odyssée Occident-Orient où l’âpreté tribale s’oppose à des variations de rites inconnus. Là, le canon de Bach devient le canon de la mort. Les rites triomphent, la vue de Bach baisse, c’est la fugue ultime, inachevée, irradiée jusqu’à une apesanteur finale. Dans cette dernière séquence mes micro-intervalles jouent sur un rythme de derviche tourneur. Le cercle et ce qui tourne sont les symboles de cet essai planétaire.

Successivement : Prélude, Prière, Déclinaison, Grand Orient, Tonalité, L’Autrefugue, Rite, Fugue ultime, Apesanteur.                                    Pierre Henry

David Chauveau à gagné pour cet événement exceptionnel un Pass 7 concerts en participant au jeu Winwin* de la revue des revues musicales, gratuite et mensuelle, qwartzView disponible ici en PDF.

*jeu réservé aux abonnés de ce site qwartz.fr

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