La musique : et Pavlov dans tout ça ?

Table ronde – Qwartz – Le Trianon

Au cours de son histoire, la musique a rempli plusieurs fonctions, d’ordre purement esthétique, religieux, politique, propagandiste, de distraction ou comme on l’a prétendu pendant longtemps d’hominisation. On lui a prêté des vertus tantôt essentielles, tantôt accessoires, aujourd’hui comme bien d’autres productions, elle est confrontée à des mécanismes marchands sinon mercantiles. Mais c’est bien sûr la restreindre que de la cantonner à cet emploi soit au travers de la diffusion de masse, soit au travers de ces aspects publicitaires. Roméo et Juliette de Prokofiev ne se résumera jamais à un parfum égoïste.

La diffusion massive de la production musicale provoque, pour reprendre Theodor. W. Adorno, une régression de l’écoute. Une consommation qui étouffe le désir et épuise le plaisir. On entend ce qui est reçu et non pas ce qui est cherché. Comme si, une entreprise de dépoétisation était mise en œuvre. Adorno notait L’écoute régressive est liée de façon évidente à la production (…). Il y a écoute régressive dès que la publicité tourne à la terreur, dés qu’il ne reste plus à la conscience qu’à capituler devant la supériorité de ce qu’on lui vante et à acheter la paix de son âme.  croire qu’être partout, c’est être nulle part. A défaut, de trouver une oreille complice, la musique rencontre une oreille conciliante.

Quelle valeur l’emploi de la musique apporte-t-elle aux objets, aux produits industriels ? Quel lien peut-on établir entre auditeur et consommateur ? Peut-on parler d’un geste conditionné par la musique ?

les intervenants :

David Jisse : Commencer par la chanson, rencontrer Luc Ferrari et la liberté dans la musique, découvrir le travail de studio et l’art radiophonique, composer pour le théâtre et le cinéma, glisser vers les antennes de Radio France, transmettre et sensibiliser, faire œuvre autour de la pédagogie… Nos biographies s’écrivent souvent à notre insu, mais voilà qui est fait. Diriger La Muse en Circuit, co-animer « Electromania » sur France Musique, animer le réseau « Futurs Composés », continuer à écrire des chansons et à inventer des formes musicales inclassables…Voilà ce qui reste à faire. L’histoire continue, un peu trop vite sans doute, mais toujours avec ce besoin de transmettre et d’émouvoir…

François Nicolas : François Nicolas associe la composition à une réflexion théorique sur la musique. Ses œuvres musicales sont éditées chez Jobert. Il travaille actuellement à une vaste tétralogie sur Mai 68 – Égalité ’68 –prévue pour le 50° anniversaire de ces événements. Il apprend également l’arabe littéraire en vue de « faire entrer la langue arabe dans la musique contemporaine ». Chercheur associé à l’École normale supérieure (Ulm) et à l’Ircam, il anime différents séminaires associant, sous les noms Entretemps et mamuphi, mathématiques, musique et philosophie. Il vient de terminer la rédaction d’un vaste ouvrage sur Le monde-Musique (à paraître chez Fayard) et prépare un livre sur Parsifal.

Anthony Pecqueux est docteur en sociologie de l’EHESS et actuellement membre du Centre Norbert Elias (S.H.A.DY.C., Ehess/Cnrs). Ses travaux portent principalement sur la musique : après une thèse consacrée au rap français (visant à faire émerger ses portées morales voire politiques), il a mené diverses enquêtes ethnographiques sur l’écoute de la musique, comme à travers le suivi des auditeurs-baladeurs (ceux qui écoutent de la musique lors de trajets quotidiens sur des lecteurs numériques). Il a notamment publié, en 2009, Ecologie sociale de l’oreille. Enquête sur l’expérience musicale aux éditions de l’EHESS.

Christophe Rosenberg : Musicien, improvisateur, aux saxophones, flûte, WX7 et percussions, compositeur et metteur en sons, Christophe Rosenberg est coordinateur pédagogique à la Cité de la musique, chargé des nouvelles technologies, directeur artistique des cd encartés dans les albums des petits contes du musée de la musique publiés chez Actes sud Junior et ingénieur du son. Au sein du Département pédagogie et médiathèque, il coordonne depuis 12 ans les activités du studio-son de la Cité de la musique dont la spécificité est la transmission collective. Il y conçoit notamment les ateliers proposés au public, participe à la conception de dossiers multimédias permettant de comprendre ce que proposent les ateliers de pratique menés par le service « Ateliers et formations » de la Folie Musique. Superviseur des enregistrements de la collection « Traditions chantées », Christophe Rosenberg est aussi formateur pour enseignants, dumistes, amateurs novices et professionnels de la musique.

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Publié le 09/05/2011, dans Documents, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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