Archives Mensuelles: mai 2011

Mark Applebaum. A « what if » experimentalist

Nous avons rencontré le musicien, compositeur et professeur à l’Université de Stanford en Californie: Mark Applebaum.Ce personnage est un véritable phénomène dans le milieu musical américain. Dans l’Etat du Mississippi on le considère même tout aussi important que Jerry Lee Lewis ou le King lui-même. Bien que son travail autour de l’improvisation et de la musique concrète ne soit pas aussi populaire, Mark Applebaum fait avancer l’écoute musicale. Influencé par Johann Sebastian  Bach, John Cage, Brian Ferneyhough, Bill Evans…, Mark Applebaum cherche la rupture, le choc avec le public. Il a créé le Collectif d’Improvisation et les « How to Listen » talks à l’Université de Stanford. Il a surtout inventé  « The Metaphysics of Notation », un système de notation intuitif à base de pictogrammes complexes. Est-ce là une réminiscence de ses origines amérindiennes? En 2010, Innova Recordings ont édité un DVD audio en 5.1. Dans ce dernier vous pourrez découvrir ses étonnantes partitions, un documentaire et des performances musicales.

Interview en anglais et performance inédite

There is no sound in my  head

Un documentaire en anglais de Robert Arnold

Le village labels à Villette Sonique 2011

Nous nous sommes rendus au village Labels du festival annuel Villette Sonique Paris.

Si l’on déplore une organisation un peu légère, une signalétique illogique et la présence de Libération en pure auto-promotion, ce coin des producteurs et des éditeurs indépendants est plutôt sympathique. Nous nous sommes rendus sur les stands du disquaire Souffle Continu, des labels Stembogen, Clapping Music et Bruit Clair. Nous y avons aussi rencontré des artistes: Alex Vermeulen et Nathalie Vigier pour leur collaboration à l’album « Araignées » du groupe ANNA.  Album sorti sur le label MTR [Mind Twisting Records].

anbb.Blixa Bargeld et alva noto réunis: du grand art

Avec nos amis du Festival Némo, nous avons accueilli le duo star anbb pour une première parisienne, à la Cigale fin mars 2011.

Nina Garcia d’Intruders TV a  interviewé ce duo atypique qui s’est produit devant 1400 spectateurs conquis.

Parenthèses Records, un nouveau label australo-belge

Parenthèses Records, un nouveau label à la frontière de la tradition et de la modernité.

Le label est né en décembre 2010 suite aux aventureuses soirées bimensuelles ‘Freeform’, dans l’espace éponyme dédié à l’improvisation. Ce dernier a été mis en place par KULCHA Multicultural Arts of Western Australia dans la ville de Perth en 2009/2010. Il a pour but de réunir des musiciens d’origines culturelles et musicales diverses et de les faire sillonner l’exploration d’espaces musicaux improvisés.

Témoin de ces nouvelles collaborations, Alexis Courtin eut l’idée de créer une plateforme de promotion, un centre névralgique pour ces musiciens désireux d’appréhender l’idée de collaborations interculturelles et l’exploration musicale au travers d’idiomes variés, à la frontière de la  tradition et  de la modernité modernité.
Avec une politique artistique large, l’objectif premier de Parenthèses Records est d’engager un dialogue entre les musiciens et par conséquent la promotion de collaborations interculturelles nouvelles.

Exemple: première sortie chez Parenthèses Records

MASONIK – THE VEDANTIC CHAPTER (PREC01)

  Masonik est un collectif basé à Perth. Il opère comme un temple où les musiciens sont invités à explorer l’improvisation et le Dub comme medium principal de remixe des cultures musicales populaires.
Le collectif œuvre depuis 2005 et tire son inspiration des traditions musicales arabiques, juives, grecques et indiennes, en y incorporant des élements de free jazz, d’electronica, de spoken word et de dub.
Le premier album remarquable de Masonik ‘The Vedantic Chapter’ est le fruit de la rencontre entre son co-fondateur, Basil Psanoudakis, avec le joueur indien de Sitar et de Sarangi, Balvinder Singh, et le saxophoniste Paul ‘Pax’ Andrews, lors des soirées bi-mensuelles ‘Freeform’.
Enregistrement  live par Tony Monaco
Mixage par Basil Psanoudakis & Paul ‘Pax’ Andrews
Masterisé par  Wheldon Thornley
Artwork by Tom Muller

Masonic TV sur Vimeo

informations délivrées par le label.

Artificial Intelligence, Physiology, and Art. Qwartz TV

Trois journées de conférence sur l’Intelligence Artificielle, la Physiologie et l’Art ont eu lieu à l’Université Américaine de Paris. Le Doctorant en Intelligence Artificielle et Intelligence Collective, Mohammad Majid al-Rifaie [Goldsmiths, University of London], et le Docteur Ahmed Aber, historien de la Médecine et  praticien au  Royal Free Hospital in London, répondent aux questions de Federico Ruiz pour Qwartz TV.

Ce premier volet du Qwartz Media Lab présente un projet qui explore l’écriture artistique de l’intelligence collective et plus précisément de l’intelligence de l’essaim.

Arnaud Rebotini ouvre son label. Interview Qwartz TV

Arnaud Rebotini, un artiste qui compte.  Sa dernière expérience: faire vivre un label, son label: Blackstrobe Records. Deux sorties, de lui, pour l’instant. Des coups de pouce: Feadz et le prometteur Gesaffelstein.

Quatre albums d’Arnaud Rebotini à gagner dans le prochain numéro de QwartzView, la revue gratuite et mensuelle des revues musicales.
Someone Gave Me Religion Minimix

Clip vidéo de son titre techno: Personal Dictator

La musique : et Pavlov dans tout ça ?

Table ronde – Qwartz – Le Trianon

Au cours de son histoire, la musique a rempli plusieurs fonctions, d’ordre purement esthétique, religieux, politique, propagandiste, de distraction ou comme on l’a prétendu pendant longtemps d’hominisation. On lui a prêté des vertus tantôt essentielles, tantôt accessoires, aujourd’hui comme bien d’autres productions, elle est confrontée à des mécanismes marchands sinon mercantiles. Mais c’est bien sûr la restreindre que de la cantonner à cet emploi soit au travers de la diffusion de masse, soit au travers de ces aspects publicitaires. Roméo et Juliette de Prokofiev ne se résumera jamais à un parfum égoïste.

La diffusion massive de la production musicale provoque, pour reprendre Theodor. W. Adorno, une régression de l’écoute. Une consommation qui étouffe le désir et épuise le plaisir. On entend ce qui est reçu et non pas ce qui est cherché. Comme si, une entreprise de dépoétisation était mise en œuvre. Adorno notait L’écoute régressive est liée de façon évidente à la production (…). Il y a écoute régressive dès que la publicité tourne à la terreur, dés qu’il ne reste plus à la conscience qu’à capituler devant la supériorité de ce qu’on lui vante et à acheter la paix de son âme.  croire qu’être partout, c’est être nulle part. A défaut, de trouver une oreille complice, la musique rencontre une oreille conciliante.

Quelle valeur l’emploi de la musique apporte-t-elle aux objets, aux produits industriels ? Quel lien peut-on établir entre auditeur et consommateur ? Peut-on parler d’un geste conditionné par la musique ?

les intervenants :

David Jisse : Commencer par la chanson, rencontrer Luc Ferrari et la liberté dans la musique, découvrir le travail de studio et l’art radiophonique, composer pour le théâtre et le cinéma, glisser vers les antennes de Radio France, transmettre et sensibiliser, faire œuvre autour de la pédagogie… Nos biographies s’écrivent souvent à notre insu, mais voilà qui est fait. Diriger La Muse en Circuit, co-animer « Electromania » sur France Musique, animer le réseau « Futurs Composés », continuer à écrire des chansons et à inventer des formes musicales inclassables…Voilà ce qui reste à faire. L’histoire continue, un peu trop vite sans doute, mais toujours avec ce besoin de transmettre et d’émouvoir…

François Nicolas : François Nicolas associe la composition à une réflexion théorique sur la musique. Ses œuvres musicales sont éditées chez Jobert. Il travaille actuellement à une vaste tétralogie sur Mai 68 – Égalité ’68 –prévue pour le 50° anniversaire de ces événements. Il apprend également l’arabe littéraire en vue de « faire entrer la langue arabe dans la musique contemporaine ». Chercheur associé à l’École normale supérieure (Ulm) et à l’Ircam, il anime différents séminaires associant, sous les noms Entretemps et mamuphi, mathématiques, musique et philosophie. Il vient de terminer la rédaction d’un vaste ouvrage sur Le monde-Musique (à paraître chez Fayard) et prépare un livre sur Parsifal.

Anthony Pecqueux est docteur en sociologie de l’EHESS et actuellement membre du Centre Norbert Elias (S.H.A.DY.C., Ehess/Cnrs). Ses travaux portent principalement sur la musique : après une thèse consacrée au rap français (visant à faire émerger ses portées morales voire politiques), il a mené diverses enquêtes ethnographiques sur l’écoute de la musique, comme à travers le suivi des auditeurs-baladeurs (ceux qui écoutent de la musique lors de trajets quotidiens sur des lecteurs numériques). Il a notamment publié, en 2009, Ecologie sociale de l’oreille. Enquête sur l’expérience musicale aux éditions de l’EHESS.

Christophe Rosenberg : Musicien, improvisateur, aux saxophones, flûte, WX7 et percussions, compositeur et metteur en sons, Christophe Rosenberg est coordinateur pédagogique à la Cité de la musique, chargé des nouvelles technologies, directeur artistique des cd encartés dans les albums des petits contes du musée de la musique publiés chez Actes sud Junior et ingénieur du son. Au sein du Département pédagogie et médiathèque, il coordonne depuis 12 ans les activités du studio-son de la Cité de la musique dont la spécificité est la transmission collective. Il y conçoit notamment les ateliers proposés au public, participe à la conception de dossiers multimédias permettant de comprendre ce que proposent les ateliers de pratique menés par le service « Ateliers et formations » de la Folie Musique. Superviseur des enregistrements de la collection « Traditions chantées », Christophe Rosenberg est aussi formateur pour enseignants, dumistes, amateurs novices et professionnels de la musique.

Daniel Albright…all is vibration

A l’occasion d’une présentation de sa dernière publication à l’Université Américaine de Paris, nous avons invité le Professeur de Littérature à Harvard, Daniel Albright, à nous parler de l’art, des arts, de leurs frontières et de leurs chevauchements.

Evasions, Cahier 15, The Cahiers Series, Sylph Editions

Document vidéo en langue anglaise sous licence Creative Commons By-NC-ND

Matthew Herbert aux Qwartz sur Intruders TV

Matthew Herbert a reçu le Qwartz d’Honneur le 1er avril 2011 au Trianon à Paris.  Il répond aux questions de Jules Hallam, présentateur dynamique de Intruders TV.

Entretien avec Matthew Herbert par Genica Baczynski pour Qwartz

À quoi travaillez-vous actuellement ? J’ai terminé la musique du film « participatif »Life in a day de Kevin MacDonald, produit par Ridley Scott. Je réalise le nouvel album du groupe Merz. En parallèle, j’écris un scénario pour un film et j’assemble les enregistrements effectués à partir de la vie d’un cochon. A côté de ces projets, je redonne de l’élan à d’autres envies plus anciennes comme The New Country ou encore le musée du son.

À quoi correspond chez vous cette tendance à tout faire vous-même ? Vous sentez-vous proche de Robinson Crusoé ? Les collaborations et l’idée de coopération sont indispensables. Aujourd’hui pourtant il faut apporter à l’art une nouvelle perspective et ainsi provoquer l’émergence d’espaces inédits où l’auditeur reconsidère son environnement. Au 20e siècle, le modèle de distribution, en ce qui concerne la musique, et les caractéristiques du travail ont été définis par les entreprises. Elles se sont attachées au profit, à la facilité, aux formes sans cesse répétées. Je n’ai pas eu d’autre choix que de tout créer et de tout gérer par moi-même. Pour l’instant, je n’entraîne pas tout le monde sur cette voie. Il me semble important que l’aspect politique de ma musique se retrouve dans son mode de fabrication.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? La musique n’exerce plus le même attrait sur moi. La question qui se pose est : en avons-nous encore besoin ? Les musiciens m’apparaissent comme les bouffons d’une cour toujours persistante. À part John Cage, mes influences ne se situent pas dans la sphère artistique et elles s’inspirent de personnalités que j’admire comme Noam Chomsky, James Lovelock ou encore Shiva, et de personnes que je méprise comme Sarah Palin, la dynastie Bush, Tony Blair ou bien le gouvernement israélien.Aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de différencier les genres ou les mouvements artistiques, de plus en plus difficile d’être bouleversé. Ainsi quand les journaux nous dévoilent les crimes de Kadhafi envers son peuple, nous sommes choqués et cette partition journalistique devient alors plus fascinante que n’importe quelle couverture de NME nous enjoignant d’écouter un nouveau groupe.

Vous sentez-vous un artiste engagé et recherchez-vous la subversion ? J’ai conscience d’être privilégié. Je bois de l’eau potable, j’ai accès à des soins médicaux, je vote, et je mange des bons aliments. On me paye le plus souvent mes déplacements et je peux passer des journées à rêver à de nouvelles créations sonores. Je m’interroge sur ma condition, elle n’est pas un acquis. Et comment ne pas se questionner sur un système où mes besoins sont prioritaires à ceux des autres. La période actuelle est chaotique. Le système capitaliste et son marché dit de libre échange – qui en définitive nie la liberté – accroissent la violence et la cupidité. Il a développé un modèle d’existence insupportable dont on n’échappe qu’en résistant. La subversion en fait partie. Trop souvent, nous assistons à une complaisance et une apathie aussi dangereuse qu’un mercenaire américain.

Voici le teaser du film Life in a day

Daniel Meteo aux Qwartz sur intruders TV

Daniel Meteo, manager du label Shitkatapult et compositeur, répond aux questions de Jules Hallam.

Document en langue anglaise.

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